Départ en expatriation : 7 conseils « vitaux » pour préparer son enfant

Si changer de pays est déjà un tsunami pour les familles expatriées et installées depuis plusieurs mois ou plusieurs années dans une ville, l’annonce du départ en expatriation pour la toute première fois est souvent vécue comme un choc par les adultes alors, imaginez ce que peut ressentir un enfant quand on lui explique que l’on va partir s’installer à l’étranger… 
Expatriation professionnelle ou un choix de vie, peu importe finalement : partir vivre à l’étranger avec sa famille ne s’improvise pas. Au contraire, cela se prépare (même si le délai est parfois très court). Entre les démarches administratives (impôt, école, etc.), les cartons du déménagement et l’arrivée, le chamboulement est total, parfois même brusque surtout lorsque l’on change de continent. Les Petits Expats vous livrent 7 conseils pour anticiper les difficultés de l’expatriation et de l’annonce du départ. Découvrez également en bas de page, une série d’articles sur le thème « départ et expatriation » pour mieux l’accompagner dans cette transition. 

VIVRE A l'ETRANGER, C'EST COOL !

par Ange, 8 ans petit expat et grand globe-trotter | Les avantages de l'expatriation

CONSEIL N°1 : LES RAISONS DU DEPART

Expliquer pourquoi on doit / on décide de partir vivre à l’étranger

Quelle que soit la période de l’année, quel que soit l’âge de l’enfant, apprendre le départ en expatriation de la famille est un bouleversement. En tant que parent, nous souhaitons tous protéger nos petits et les 2 grandes questions que l’on se pose tous, sont :
1/ Quel est le meilleur moment pour leur annoncer le départ ?
2/ Comment leur dire que l’on part s’installer et vivre ailleurs ?
Soyons franc, perspicace et réaliste : il n’y a pas de bon ni de meilleur moment pour leur livrer cette information qui va, c’est vrai, marquer leur existence.
En revanche, il est primordial de créer un climat propice à la discussion dans lequel chaque membre de la famille pourra se sentir à l’aise pour poser toutes les questions qui lui viennent à l’esprit.

Florence Chabert d’Hières, coach pour familles expatriées depuis 10 ans et elle-même multi-expatriée avec sa petite tribu (Moyen-Orient et Angleterre), nous explique en quoi l’annonce du départ est une étape très importante dans le processus d’expatriation : « annoncer le départ, c’est comme construire les fondations d’une maison ou le décor d’un théâtre. A la manière du Petit Poucet qui pose des cailloux pour retrouver son chemin, parler du départ et des raisons du départ permet à votre progéniture de comprendre la façon dont il va se construire les mois – années à venir ».

Expliquer et parler avec sa progéniture de ce qui attend la famille, c’est déjà les inclure dans ce projet de vie et leur faire comprendre que bien évidemment ils font partie de ce tout et que leur place reste entière et identique même si le cadre et le décor vont changer du tout au tout. C’est aussi donner de l’importance à leurs sentiments qui peuvent être contradictoires et peu évidents à gérer (excitation, curiosité, angoisses et stress) et accueillir leurs paroles et maux comme points d’ancrage dans cette nouvelle aventure. Insistez sur le fait que chacun doit pouvoir s’exprimer avec son cœur et pas seulement la raison.
Cela signifie les prendre en considération, les rassurer et surtout leur expliquer que leur maison reste avant tout la famille elle-même, que l’on soit ici en France ou ailleurs dans le monde.
Catherine Martel, animatrice du groupe Expats Parents et psychologue conseille d’ailleurs de rassembler toute la fratrie, car les enfants ne réagissent pas tous de la même manière et certains seront à même de rassurer ou de positiver les plus frileux ou les plus angoissés. Il faudra ensuite dire que la porte reste grande ouverte à la discussion et que chacun peut venir plus tard questionner qui il souhaite.

Cet espace de communication permettra de dédramatiser la situation. N’oubliez pas de leur dire que d’autres vivent régulièrement ce changement, évoquez aussi les raisons de ce départ (choix de vie ou mobilité professionnelle), car l’enfant a besoin de comprendre le contexte et l’environnement dans lequel il grandit et se construit.
Annoncez-leur le timing qu’ils puissent prendre conscience de la véracité des faits. Pour les plus petits pour qui la représentation du temps est peu évidente, proposez-leur de créer un calendrier : vous pourrez barrer les jours passés et visualiser le nombre de dodos avant le grand jour. Ajouter des pictogrammes, symboles facilement reconnaissables ou dessins pour représenter les dates importantes à venir et proposez-leur une check-list de tout ce qu’ils souhaitent accomplir avant le départ.

CONSEIL N°2 : L'APPROCHE "FEEL GOOD"

Positivez le départ et soyez réaliste

Partir vivre à l’étranger demande de relever bien des défis mais nombreux sont les témoignages de familles expatriées soulignant qu’à l’annonce du départ leur enfant était d’abord opposé, fermé, voire même hostile vis-à-vis de ce projet d’expatriation. Puis, le temps faisant son œuvre, une fois la colère et l’angoisse passées, rares sont les petits qui ne s’épanouissent pas dans cette expérience.
Catherine Martel recommande de ne pas cacher les difficultés de l’expatriation. Mais pour cet expert, il faut aussi positiver le discours pour faciliter le départ et permettre à l’enfant de se projeter.
Soyez franc et dites-lui que les ressentiments liés à ce départ sont tout à fait normaux et compréhensibles, que vous entendez et comprenez son état d’esprit. Pour le tranquilliser et l’apaiser, expliquez-lui que d’autres enfants de son âge sont dans la même situation et vivent exactement la même chose. Rassurez-le avec vos mots, votre tendresse, vos gestes et votre amour : il doit savoir et sentir que vous serez toujours là pour lui et dites-lui à quel point il est primordial de rester concentré sur les choses positives, car son quotidien et cette transition n’en seront que plus faciles.
Grandir dans la mobilité internationale est une chance inouïe de découvrir le monde, d’apprendre le respect, l’empathie, de devenir citoyen du monde, bilingue et même polyglotte. Certains articles parlent même de « la vie rêvée des enfants expatriés », c’est pour dire.
Comme le suggère Florence Chabert d’Hières dans son ouvrage « I’m a citizen of the world », faites avec lui la liste de tout ce qu’il va pouvoir réaliser et qu’il n’aurait pas fait sans ce départ (la fameuse « fun to do list ») : parler une nouvelle langue et devenir polyglotte, pratiquer de nouveaux sports trop cool, goûter des spécialistes culinaires à tomber par terre, etc.
Achetez ou créez ensemble un carnet de voyage qui pourra le suivre au cours de votre mobilité professionnelle, il pourra dessiner ou écrire dedans, coller des souvenirs, demander aux copains et copines de lui noter des petits messages.

CONSEIL N°3 : ANTICIPEZ LA GRANDE QUESTION ... ET L'ECOLE ?

Parlez scolarité avant le départ

Parmi les grands bouleversements qui s’imposent d’eux-mêmes, figure la scolarité en expatriation. Et si la question de l’école est si importante pour les enfants comme pour les adultes, c’est d’abord parce que l’établissement scolaire est le lieu où ils passent la majeure partie de leur journée et de la semaine. L’école c’est clairement leur monde, leur univers, ils y construisent leur avenir, leur vie sociale, leur identité et tout cela sans nous !
Oui vous l’avez compris, un départ en expatriation c’est un monde qui s’écroule puisque cela signifie être d’abord séparé de leurs copains et de leur meilleur(e-s) ami(e-s).
Il est vrai que cette rupture est plus facile à vivre chez les petits que pour les 8/10 ans et plus, car l’adolescence est une période déjà difficile en soi dans laquelle les relations amicales sont plus que prépondérantes. En effet, la petite enfance est marquée d’abord par la relation enfant-parent. Le papa et la maman restent les référents et le point d’ancrage de l’identité du tout-petit alors que l’ado se construit en dehors de la cellule familiale.
Pour autant, ne négligez pas la problématique de la scolarité pour les 3-8 ans. Changer d’école ou de fonctionnement sur le plan scolaire va engendrer et c’est normal, beaucoup de peurs, d’angoisses, de questionnements. Encore une fois, discutez, créez un terrain libre pour communiquer, mettez-le en confiance. N’hésitez pas à lui dire que vous le comprenez, que des questions trottent aussi dans votre tête, que cela fait partie de l’aventure, mais que vous serez toujours là pour lui quoi qu’il arrive, quoi qu’il pense de ce départ en expatriation.
Alors, comment annoncer un changement d’école ? Le plus simplement du monde ! Eh oui, il n’y a pas de recette miracle.
Vous pouvez évoquer ensemble toutes les possibilités offertes par votre futur pays d’expatriation (école française à l’étranger, système scolaire local, scolarisation à distance avec par exemple le « CNED adapté » (cours CNED expatrié en scolarité complémentaire internationale). Dites ce à quoi vous avez pensé pour lui et pourquoi cela vous semble la meilleure solution et laissez-le ensuite s’exprimer. Soulignez que rien n’est décidé : proposez-lui d’y réfléchir de son côté et que vous prendrez ensemble la décision. Cette façon de procéder est primordiale, car l’enfant devient ainsi acteur de sa propre expatriation.
Pourquoi ne pas lui proposer un projet de correspondance scolaire pour garder un lien avec une classe de France et des enfants de son âge ? Il pourrait ainsi devenir ambassadeur et reporter pour son pays d’accueil ! L’occasion de garder un lien avec l’école française et des écoliers du même âge que lui pour pratiquer le français de façon ludique. Voilà un rôle sur mesure et très valorisant, une mission d’envergure faite pour chaque petit expat, non ? !

CONSEIL N°4 : VOYAGE, VOYAGE & DÉCOUVERTES AVANT LE JOUR J

Visitez votre pays d’expatriation avant le déménagement 

Planches signées Les Dessins de Marion

Planche signée Les Dessins de Marion

Parce que s’expatrier en famille, c’est entrer en territoire inconnu, l’idéal est en effet de pouvoir programmer des vacances dans votre prochain pays d’expatriation voire même un court séjour ou simple passage. L’idée est de proposer une transition et non une arrivée brutale (lorsque cela est possible). Cette phase découverte avant le départ en expatriation, peut s’avérer salvatrice pour la famille, car elle peut enlever une pression énorme et supprimer le sentiment de faire le grand saut dans l’inconnu. 

En vacances on est plus détendu : l’esprit loisirs, bon temps passé tous ensemble entre les visites culturelles, découvertes gastronomiques et activités familiales diverses et variées permettent à l’enfant de se créer un album souvenirs positif et d’ancrer leur prochaine arrivée dans un contexte psychologique ultra favorable. Si vous avez déjà pu organiser votre future installation, prenez le temps de visiter votre futur quartier, rendez-vous dans l’établissement scolaire que chacun fréquentera bientôt, rencontrez déjà des expats et Français établis sur place pour tisser des liens. 

Et quand bien même vous n’auriez ni le temps ni les moyens de réaliser ce voyage, farfouillez sur le net, trouvez des films, des dessins animés, des documentaires, des livres et guides de conversation pour découvrir les us et coutumes de votre pays d’accueil, pour apprendre en famille les rudiments de la langue et rendre ainsi le départ plus concret et l’adaptation plus facile. 

CONSEIL N°5 : JOUEZ-LA DUO POUR LES CARTONS

Impliquez-le dans le déménagement

Un déménagement à l’international ou en Europe reste une transition peu évidente aussi bien d’un point de vue logistique que psychologique. L’impliquer dès le début avant même le départ en expatriation est essentiel pour les raisons suivantes : 

  • Générer moins d’angoisse : l’enfant a besoin de se projeter, connaitre les étapes à venir offre un cadre rassurant, une structure pour son esprit. Expliquez-lui les prochains temps forts : commandes puis arrivée des cartons, tri, rassemblement et empaquetages des affaires, départ des meubles, arrivée sur place de la famille puis du container ou du camion de déménagement. N’oubliez pas que faire comme les grands est un jeu pour les plus petits (c’est pour cette raison qu’ils aiment tant les jeux d’imitation – dinette, poupée, bricolage, etc.), et lui permet de prendre un temps soit peu le contrôle, cela rassure et valorise. La veille du départ, rappelez-lui la façon dont va se dérouler la journée.
  • Pour rendre l’approche du jour J et le départ plus concret : donnez-lui un rôle pour qu’il se sente valorisé : dites-lui que vous avez besoin de son aide, que sa participation est précieuse. Il devient acteur de l’expatriation familiale et prend part à une étape importante du processus. Il pourra ainsi préparer sa valise en sélectionnant ce dont il ne veut pas du tout se séparer. Il peut ainsi se représenter son futur environnement avec ses précieuses petites affaires. Et pourquoi ne pas les faire écrire leur nom sur leur carton et les personnaliser avec des dessins ? Voilà qui est plutôt amusant, non ? 

Pour l’aider à choisir son top 10, nous avons réalisé une « liste valise expatriation ». 

CONSEIL N°6 : FAIRE LA FÊTE

Prenez le temps de dire au revoir à la famille et aux amis 

Déco repérée sur www.babayaga-magazine.com

Tous les professionnels de l’expatriation et les familles s’accordent à dire que ce temps des « au revoir » est primordial et précieux pour la suite et la réussite de l’expatriation. C’est une étape supplémentaire qui marque l’arrivée de l’échéance « départ » et permet à chaque membre de faire son deuil et d’accueillir encore un peu plus l’expatriation.   

Organisez une fête à la maison, un goûter à l’école, achetez un appareil photo, il pourra ainsi immortaliser ces précieux instants qui lui rappelleront combien les gens présents l’aiment et l’apprécient, que toutes ces personnes sont là pour lui et surtout que dire au revoir est différent d’un adieu, que partir permet aussi de mieux revenir et tisser des liens plus forts avec la famille et les amis. Créez une carte géante sur laquelle chaque invité pourra crayonner un dessin, écrire un message, coller sa photo, il repartira ainsi avec ce support et l’afficher dans sa future chambre. Nous vous proposons également une liste spéciale « idées cadeaux départ expatriation ». 

CONSEIL N°7 : LE COACHING

Faites-vous accompagner par un professionnel de l’expatriation

Et si malgré tous ces conseils, ces précautions, ces astuces vous sentez que votre enfant éprouve encore des difficultés trop importantes face à l’expatriation, s’il se renferme trop sur lui-même ou que son comportement devient très différent, pourquoi ne pas opter pour le coaching et l’accompagnement ? Ne laissez une situation devenir plus compliquée, ne laissez pas se sentir envahir voire étouffé par le malaise. Proposez-lui d’en parler avec une personne extérieure dont c’est le métier et qui ne le jugera pas. Les coachs pour familles expatriées sont nombreux et faire appel à eux peut être d’une grande aide. Il peut être intéressant de lui notifier que ces coachs sont surtout là pour l’écouter, trouver des pistes avec lui pour lui permettre d’aller mieux, et que ces personnes sont souvent des parents qui avec leurs propres enfants vivent à l’étranger ou ont connu l’expatriation de nombreuses années.
Pensez aussi à organiser une rencontre avec des enfants revenus d’expatriation et de retour en France depuis peu, ils pourront lui expliquer comment est la vie à l’étranger, ce qui est cool et ce qu’ils ont aimé. Enfin, n’oubliez pas les groupes Facebook où règne l’entraide : sur Expats Parents et Femmexpat, l’entraide bienveillante y est de mise et les parents y partagent leurs astuces.

3 INDISPENSABLES POUR BIEN PRÉPARER L’ANNONCE DU DÉPART EN EXPATRIATION

1 LIVRE POUR LES PARENTS : "I'M A CITIZEN OF THE WORLD"

La bible de tout (futur) parent expatrié pour annoncer un départ en expatriation.

1 TÉMOIGNAGE DE MAMAN EXPATRIÉE

Marie a listé 5 précieux avantages à s’expatrier avec un enfant !

1 SÉLECTION SHOPPING "CADEAU DE DEPART"

Découvrez mes 4 indispensables à glisser dans sa valise et lui offrir avant le grand jour.